À vos loupes ! Ici, nous nous plions en quatre pour vous présenter les secrets fascinants des petites bêtes : insectes, araignées, escargots… Sortez de votre coquille, et venez visiter leur monde extraordinaire ! Bonne lecture…
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Politique de confidentialié
Lumière sur l’iridescence
Si je vous dis Aromie musquée, Oedémère noble, Hanneton bronzé ou encore Chrysomèle du romarin, vous me répondez ? Insectes ? Coléoptères ! Oui, c’est un bon début. Un point commun concernant leurs couleurs ? L’iridescence, exactement Madame ! Et ça sera le sujet du jour : la couleur iridescente de ces petites bêtes qui fait d’elles de véritables petits bijoux sur pattes. Et ce n’est pas rien de le dire…
Écrivons peu mais écrivons bien. Iridescence, ce mot vous parle n’est-ce pas ? Mais sauriez-vous le définir ? Très simplement, c’est un phénomène d’optique selon lequel certaines surfaces semblent changer de couleurs selon l’angle de vue. Phénomène que vous avez déjà dû observer : des bulles de savon par exemple ou une tâche d’essence sur du goudron. Mais quid de nos coléoptères ?
Les coléoptères sont des insectes possédant 2 paires d’ailes. Les élytres tout d’abord : ces ailes antérieures sont dures et coriaces et servent uniquement à protéger les ailes postérieures lorsque l’animal est au repos.
Les ailes postérieures, quant à elles, sont utilisées seulement pour le vol et ne sont donc visibles qu’à ce moment-là. Et c’est au niveau des élytres que tout va se jouer. La suite (simplifiée) juste en-dessous.
Les élytres sont composés de molécules de chitine* assemblées en fibres microscopiques. Toutes ces fibres se superposent les unes sur les autres en feuillets. Finalement, c’est comme un mille-feuille bien compressé et bien serré, fait de couches non pas de crème pâtissière mais de minuscules fibres. Vous obtenez un élytre. Vous êtes toujours là ? Continuons. Dans chacun de ces feuillets, les fibres sont tournées d’un petit angle par rapport aux fibres du feuillet inférieur. Ainsi, lorsque la lumière vient frapper et pénétrer dans l’empilement de ces très fines couches, elle se réfléchit et les ondes lumineuses vont alors interférer entre elles et émerger par la face supérieure. Il en résulte des couleurs interférentielles vives et chatoyantes (l’iridescence) qui dépendent de l’angle d’observation du mille-feuille et de l’orientation de celui-ci par rapport à la source de lumière.
« Pour vivre heureux, vivons cachés » et c’est exactement le rôle que joue l’iridescence sur les coléoptères. Un peu tape à l’œil leur camouflage me direz-vous. Mais efficace ! Ainsi la théorie du naturaliste américain Abbott Thayer (considéré comme le père du camouflage – rien que ça !) entre en jeu. Son hypothèse ? Certaines espèces se camoufleraient dans leur environnement grâce aux variations de leurs couleurs selon l’angle de vue (l’iridescence quoi ; si vous avez suivi jusqu’ici). Hypothèse qui remonte au début du XXè siècle et qui a tant de fois été remise en question. Allons donc, des couleurs si vives pour se camoufler ? Billevesée ! Pour séduire oui ! Hé non, et il aura fallu plus d’un siècle pour confirmer que M. Thayer avait raison (tout de même !) grâce à une équipe de chercheurs britanniques de l’Université de Bristol.
Voici leur expérience : dans une zone boisée, ils ont épinglé sur des feuilles vertes de véritables élytres de coléoptères irisées (Sternocera aequisignata, splendide insecte originaire de Thaïlande) et de faux élytres en résine recouvertes de vernis à ongles brillant mais non-iridescent (ça a son importance !) de couleurs bleu, vert, violet ou noir. Résultats ? Sur 2 jours, environ 85% des fausses ailes ont été attaquées par les oiseaux contre moins de 20% concernant les vraies. Mais les ailes véritables auraient pu être délaissées exprès par nos amis à plumes peut-être par crainte de toxicité. Hé, pas fou l’animal ! Il faut donc poursuivre l’expérience avec d’autres “pseudo-prédateurs”. Le bipède humanoïde fait donc son entrée en scène sur cette même zone boisée. Et bien moins de 20% des ailes iridescentes ont été repérées contre 80% des modèles non-iridescents.
Cette expérience a également prouvé que l’iridescence combinée à la réflexion de la lumière contribue fortement au camouflage lorsque les coléoptères sont posés sur une feuille verte. Sur un fond brillant (feuille de houx ou feuilles mouillées) les élytres sont quasiment indiscernables. Rappelez-vous, l’iridescence dépend de l’angle de vue donc, durant son vol, un oiseau en recherche de nourriture verra les couleurs iridescentes de l’insecte changer durant sa progression.
CQFD !
Ce phénomène d’optique n’est pas passé inaperçu auprès de la créativité humaine. La broderie d’élytres entrelacés de fil de métal (d’or en particulier) était de tradition en Inde. Dans les années 1820 et surtout 1850, les Anglais ont adapté cette technique sur des pièces plus légères (en coton ou satin) créant ainsi d’incroyables robes flamboyantes.
L’actrice Charlize Theron revêt une robe brodée d’élytres pour son rôle de la reine Ravenna dans le film Blanche-Neige et le chasseur en 2012. Le plus célèbre exemple restera cette robe entièrement recouverte d’élytres portée par Ellen Terry pour son rôle de Lady MacBeth en 1888. Mais c’est au Palais Royal de Bruxelles, dans le salon des glaces que se trouve sans doute l’une des créations les plus verte…. igineuses : le sculpteur belge Jean Fabre a recouvert les lustres et le plafond de cette salle avec pas moins d’1.4 millions d’élytres de coléoptères !
Mais le spectacle le plus merveilleux se trouvera toujours dans la nature, au coin d’une feuille ou d’une brindille. Si vous avez la chance de croiser la route d’un coléoptère aux élytres iridescentes, prenez un peu de temps pour admirer ses teintes resplendissantes. Il y a de quoi en être vert de jalousie…
*Molécules naturelles contenues dans les carapaces de certains animaux invertébrés (crustacés, mollusques) et dans l’exosquelette de certains insectes et ayant un rôle protecteur.
Texte et illustrations : Eugénie Liberelle